Les femmes et la musique classique.

Les femmes et la musique classique.
On montre souvent du doigt, et non sans raison, le sexisme de certains rappeurs. Il serait cependant réducteur d'en conclure que le sexisme n'existe nul part ailleurs dans le monde musical. Le sexisme est présent également du côté des musiciens classiques, si irréprochables en apparence avec leurs costards impeccables et leur musique assez peu connue, mais souvent vue par les néophytes ou les non adeptes comme un truc un peu compliqué d'intellos qui pensent. Qu'on ne se méprenne pas, question sexisme, un chef d'orchestre peut n'avoir rien à envier à Diam's.
"La place d'une femme est dans la cuisine, pas dans un orchestre symphonique". Il me semble que j'avais lu cette citation du célèbre chef d'orchestre Karajan en feuilletant ce livre qui a l'air très intéressant. Cela n'a cependant pas empêché ledit Karajan d'enregistrer des disques et de faire des concerts avec de grandes chanteuses classiques (à moins de n'engager que des contre-ténors, on peut difficilement se débarrasser des femmes pour chanter les parties de soprano ou d'alto).

Je cite l'article "Clarinette" du livre Pour en finir avec la domination masculine de Ilana Löwy et Catherine Marry :

Après des années de résistance farouche ou plus sournoise à leur entrée dans l'orchestre, les femmes représentent aujourd'hui un tiers des instrumentistes des 29 orchestres symphoniques permanents français. Mais leur présence varie selon les instruments. Elles se fondent parmi les tuttistes des pupitres de violon, d'alto, de violoncelle ; on distingue parfois leur solo de flûte ou de hautbois. Et la harpe (quand harpe il y a) est de longue date leur instrument réservé : même l'orchestre le plus misogyne du monde, le Philarmonique de Vienne, compte dans ses rangs une harpiste, qu'il a été contraint de titulariser en 1997 après vingt ans d'exercice, faute de candidat masculin. Contrebasses, bassons et les différents cuivres (trompettes, trombones, tubas, cors, saxos ou le gros hélicon) restent en revanche, sauf exception, aux mains et dans la bouche des hommes.
(...)
[A propos du chef d'orchestre] L'autorité d'une femme sur un grand nombre d'hommes reste un butoir de la domination masculine. Les rares femmes dans cette fonction ont emprunté des voies détournées - celles de chefs de choeur - et sont conduites à adopter des stratégies de neutralisation de leur féminité ou de féminité mascarade, en renonçant aux décharges caractérielles et en jouant sur les qualités "féminines" attendues d'elles (écoute, empathie...). Elles n'y parviennent pas toujours : à l'aube du XXIème siècle, Julia Jones, une chef américaine, a démissionné de l'orchestre de Bâle à cause de l'hostilité des musiciens.

Elles donnent deux raisons principales aux clichés sexistes : savoir jouer des instruments les plus féminisés (violon, flûte, harpe) faisait partie de l'éducation traditionnelle bourgeoise données aux filles (sans oublier le piano et le chant), et les imaginaires sociaux "mettent en scène le corps-à corps avec l'instrument et lui donnent un genre" (...). Les filles ont été écartées de la pratique d'instruments jugés comme ne convenant pas à leur sexe car trop lourds, trop graves, trop difficiles à jouer ou entraînant des postures disgracieuses et impudiques".

Je me souviens d'une discussion récente à ce sujet avec le professeur d'analyse de mon école de musique, et sa remarque ironique : "On imagine souvent une belle femme en décolleté, jouant gracieusement de la harpe"... Que voulez-vous, même en jouant d'un instrument, une femme se doit de rester séduisante, voyons...

Sur les compositrices

Sur la photo : Emmanuelle Haïm, chef du Concert d'Astrée.
# Posté le samedi 20 octobre 2007 15:10
Modifié le dimanche 02 décembre 2007 17:37

Un nouveau livre sur Beauvoir

Un nouveau livre sur Beauvoir
Je me suis jetée dessus dans la librairie, mais je ne l'ai pas encore lu (mais cela ne saurait tarder !) ... Je me contente donc de faire un petit copier-coller de la présentation de l'éditeur :

En janvier 2008, Simone de Beauvoir aurait eu cent ans. La philosophe engagée, la romancière, la mémorialiste fait figure d'enfant surdouée d'un siècle mouvementé, dont elle a marqué la deuxième moitié d'une profonde empreinte. Le Deuxième sexe, paru en 1949, fut le bréviaire féministe de deux générations ; dans Les Mandarins se sont retrouvés les intellectuels nés entre 1900 et 1920 ; Les Mémoires d'une jeune fille rangée, suivies de La Force de l'âge, composent un portrait de femme où beaucoup se sont reconnues, ou rêvées. Mais Simone de Beauvoir, qui s'était faite avec son compagnon Sartre l'apôtre de la transparence, a-t-elle toujours dit toute la vérité sur elle même ? Comment son oeuvre fut-elle reçue ? Quelle image laisse t-elle d'elle même, près de douze ans après sa mort ? La controverse demeure ouverte. Au moins faut-il la nourrir d'arguments fondés et vérifiés. Ingrid Galster, qui a consacré l'essentiel de ses travaux aux personnes et à l'univers sartrobeauvoirien, apporte en vingt chapitres qui sont autant de petits essais des éléments essentiels, parfois peu connus, sur l'itinéraire de Simone de Beauvoir, depuis ses années d'étudiante, sur lesquelles elle a recueilli des témoignages directs, jusqu'à sa destinée posthume, en passant par RadioVichy, où Beauvoir fut active, et par le féminisme dont elle fut la figure de proue. Il en ressort une femme d'envergure rendue à sa vérité, ne méritant ni l'hagiographie ni le dénigrement, possédant comme toute personnalité sa part de rayons et d'ombres.

J'ai feuilleté le livre, une partie non négligeable semble consacrée au féminisme. L'ensemble du livre doit permettre d'en découvrir plus sur celle qui fut l'une des plus célèbres féministes du XXème siècle.

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J'ai enfin lu ce livre. Il est composé de différents articles de la chercheuse, parus dans diverses revues. A l'exception de l'article "Le couple modèle ?" paru dans un hors-série de L'Histoire consacré à Sartre, je ne connaissais pas ces articles. On y trouve des informations et documents propres à retenir l'attention des personnes s'intéressant à Beauvoir (des témoignages de deux de ses élèves de philosophie, la lettre de la femme qui porta plainte contre elle pour détournement de mineure, des informations sur le travail effectué par Beauvoir pour Radio Vichy...).
Ingrid Galster critique les personnes cherchant à défendre l'idée selon laquelle Beauvoir aurait été une philosophe plus importante que Sartre, mais sous-estimée en tant que femme. Il est clair que ne voir qu'en Beauvoir une "disciple de Sartre" est très réducteur. Mais - c'est le point de vue défendu par Galster - il est tout aussi néfaste de chercher à "réhabiliter" Beauvoir malgré elle : tous deux avaient des qualités différentes (c'est ce que disait Beauvoir elle-même).
Galster cherche de toute évidence, en citant de nombreuses sources précises, à se présenter comme une chercheuse sur Beauvoir fiable, par opposition à d'autres auteurs dont elle critique les propos ou écrits abondant en inexactitudes ou erreurs (elle vise particulièrement Deirdre Bair, auteure d'une biographie de Beauvoir dont elle relève les erreurs). Elle affirme aussi vouloir, sans tomber dans l'idôlatrie, défendre Beauvoir contre les critiques actuelles. Elle défend en particulier Le Deuxième sexe contre les critiques de féministes comme Julia Kristeva, Hélène Cixous ou Luce Irigaray, à tort vues aux Etats-Unis comme représentantes d'un "French feminism" alors que leur point de vue serait minoritaire au sein du féminisme français. Ne connaissant ces féministes que de nom, je ne peux me fier qu'à ce qu'en dit Galster. Je la cite : Pour Beauvoir, c'était les hommes qui incarnaient la transcendance parce qu'ils ont soumis la nature. Or, le postmodernisme conteste cette domination de la nature, l'idée de progrès a été mise en cause. C'est pourquoi l'attitude qui pour Beauvoir représentait l'idéal - la transcendance - aujourd'hui, à partir d'une certaine optique, c'est ce qui a mis le monde en péril. Et les femmes, du coup, ont le beau rôle parce qu'elles n'ont pas eu accès à la transcendance... (...) Les nouvelles féministes [toujours Kristeva, Cixous et Irigaray] disent : il ne faut pas faire comme les hommes, parce que sinon on reproduit toutes les erreurs du progrès, de la destruction de la nature, etc... (...) Elles disent : les hommes, les "mâles", ont fait passer pour universel ce qui n'était qu'eux (...). Luce Irigaray veut, par exemple, qu'on redécouvre la vraie place de la femme qui, dans l'histoire, a été couverte, selon elle, par les hommes. C'est-à-dire il ne faut pas accepter la femme en tant qu'Autre de l'homme, telle qu'on l'a connue pendant des siècles, mais gratter sous les couches... [Pour trouver] une féminité qui est liée à d'autres valeurs que celles des hommes. Et à quoi serait liée cette prétendue féminité spécifique aux femmes ? A la maternité qui rendrait les femmes différentes des hommes par nature... Si les idées défendues par Kristeva, Cixous et Irigaray sont telles que les présente Galster, on comprend qu'elle les critique et défende Beauvoir contre elles !
Ingrid Galster émet aussi des théories intéressantes sur l'influence du Deuxième sexe sur le féminisme américain, et sur la manière dont féminisme américain et féminisme français se sont mutuellement influencés après la publication de cet essai. Elle consacre aussi un article à la manière dont Le Deuxième sexe a été commenté par la presse en 1949 (elle s'intéresse également aux articles publiés suite à la mort de Beauvoir et suite à la publication posthume de ses lettres à Sartre et de son journal intime).
Le livre s'achève avec des comptes-rendus de colloques consacrés à Beauvoir, dans lesquels Galster se montre parfois assez ironique vis-à-vis de certaines communications, notamment celle du très médiatique, mais pas très renseigné, semble-t-il, BH Levy.

Bref, ce livre s'adresse surtout à des lecteurs et lectrices connaissant déjà bien Beauvoir, et étant désireux -ses de lire des écrits consacrés à certaines questions polémiques (la relation entre Sartre et Beauvoir, leur attitude pendant l'Occupation, leur importance respective a posteriori, la personnalité même de Beauvoir, etc...), et bien sûr au féminisme.

PS : Ingrid Galster fait parfois allusion au livre "Simone de Beauvoir : le Deuxième sexe le Livre fondateur du féminisme moderne", mais n'évoque jamais les accusations de Marie-Victoire Louis et de Marie-Jo Bonnet.
# Posté le vendredi 21 septembre 2007 17:03
Modifié le samedi 08 décembre 2007 18:28

Citation nocturne

Citation nocturne
Dissiper les mystifications, dire la vérité, c'est un des buts que j'ai le plus obstinément poursuivis à travers mes livres. Cet entêtement a ses racines dans mon enfance ; je haïssais ce que nous appelions ma soeur et moi la "bêtise" : une manière d'étouffer la vie et ses joies sous des préjugés, des routines, des faux-semblants, des consignes creuses. J'ai voulu échapper à cette oppression, je me suis promis de la dénoncer.

Simone de Beauvoir, Tout compte fait.
# Posté le dimanche 26 août 2007 20:59

La pensée straight - Monique Wittig

La pensée straight - Monique Wittig
J'ai aujourd'hui achevé la lecture de La pensée straight, essai de Monique Wittig qui rassemble des articles parus au départ dans des revues féministes (Questions féministes, Feminists Issues) ou d'autres ouvrages (Homosexualities and French Literature), que Monique Wittig a pu aussi communiquer lors de conférences.

Ce livre a été réédité cette année aux Editions Amsterdam.

Sur le site feministes.net, Mathilde consacre un article à l'édition de 2001 :

Résumé de "La pensée straight"

(je pense qu'elle a fait une erreur dans la partie "On ne naît pas femme" : il est écrit "elle déplore aussi que tout un courant féministe et également lesbien tende à vouloir être de plus en plus féministe", mais il s'agit de "féminin". Il manque également le titre du premier chapitre, "La catégorie de sexe". Cet article est une bonne présentation de La pensée straight)

Dans l'édition de 2007, de nouveaux textes ont été ajoutés :

Paradigmes : Wittig définit les mots Désir, Différence, Femme, Hétérosexualité, Lesbianisme, Lesbiennes, Sexualité, Snobisme par rapport à son travail autour du féminisme et de la norme hétérocentriste.


Le point de vue, universel ou particulier : publié initialement comme avant-note à La Passion de Djuna Barnes. Wittig associe sa réflexion féministe et lesbienne à la réflexion littéraire. Elle rappelle que le concept d' "écriture féminine" est creux et dessert les femmes en maintenant le mythe de "la-femme" (Wittig écrit la-femme avec un tiret pour souligner qu'il ne s'agit que d'un mythe, un concept sexiste). Elle évoque la difficulté que peut représenter l'écriture pour un "écrivain minoritaire" (ici, une lesbienne) ; en effet un livre avec des personnages homosexuels peut être à tort lu comme un livre sur l'homosexualité, et n'attirer alors plus que le public homosexuel ("Cela devient un texte à thème social et il attire l'attention sur un problème social (...). Pris comme symbole ou adopté par un groupe politique, le texte perd sa polysémie, il devient univoque". "Un texte écrit par un écrivain minoritaire n'est efficace que s'il réussit à rendre universel le point de vue minoritaire, que s'il est un texte littéraire important").


Le cheval de Troie : La métaphore du cheval de Troie sert à évoquer les oeuvres littéraires qui détruisent les formes et les règles littéraires conventionnelles. Une telle oeuvre peut permettre d'universaliser un point de vue socialement minoritaire (cf paragraphe au dessus).


La marque du genre : texte sur le genre dans la langue française. Wittig fait remarquer que seul le genre féminin est marqué, car le genre masculin se confond avec l'universel.
Elle est contre la féminisation des mots (ex : écrivaine), car cela revient à accentuer la différenciation genre féminin / genre masculin. Son idéal est la suppression des genres dans la langue. Elle convient néanmoins qu'en raison de leur poids idéologique, des mots comme "homme" (désignant à la fois l'être humain et l'être de sexe masculin) pourront difficilement désigner à la fois hommes et femmes.


Quelques remarques sur Les Guérillères : Wittig apporte des précisions sur son oeuvre Les Guérillères. Ne l'ayant pas lue, je ne peux qu'en parler abstraitement à partir de ce qu'elle en dit. Wittig s'inspire du poème épique pour décrire la victoire du pronom personnel elles sur ils dans le langage : elles devient représentation de l'universel. Wittig avait précisé dans le texte précédent qu'elle ne cherche pas à décrire une féminisation du monde ("sujet d'horreur aussi bien que sa masculinisation") mais à rendre les catégories de sexe obsolètes dans le langage. Le fait que le elles devienne représentation de l'universel dans ce livre retient l'attention du lecteur et souligne l'arbitraire de la domination du genre masculin (cela me fait songer au livre d'Isabelle Alonso, Roman à l'eau de bleu, dans lequel c'est le féminin qui l'emporte pour décrire un monde dominé par les femmes).


Quelques citations de Wittig :

Car il n'y a pas de sexe. Il n'y a de sexe que ce qui est opprimé et ce qui opprime. C'est l'oppression qui crée le sexe et non l'inverse. L'inverse serait de dire que c'est le sexe qui crée l'oppression ou de dire que la cause (l'origine) de l'oppression doit être trouvée dans le sexe lui-même, dans une division naturelle des sexes qui préexisterait à (ou qui existerait en dehors de) la société.

Cela me fait songer à l'affirmation de Christine Delphy selon laquelle c'est le genre qui précède le sexe, et non l'inverse...



Les lesbiennes ne sont pas des femmes.

Cette citation, prise au premier degré, peut paraître choquante. Qui - à moins d'être imprégné de préjugés sur les lesbiennes - affirmerait que les lesbiennes ne sont pas biologiquement des femmes, qu'elles sont différentes des autres femmes ?
C'est que Wittig sort du biologique. Comme dans le fameux "On ne naît pas femme, on le devient" de Beauvoir, il faut comprendre le mot "femme" autrement qu'avec son sens le plus courant, pour saisir la théorie de Wittig.
"La-femme", pour Wittig, est une construction sociale incluse dans un système hétérocentriste (où l'hétérosexualité est imposée comme norme), par opposition à la contruction sociale "homme". "La-femme" dans la société hétérocentriste se doit d'être liée à "l'homme" par l'amour et la sexualité. Les lesbiennes sortant de ce schéma, elles ne sont pas des "femmes" dans la société hétérosexuelle.
Cette phrase me semble particulièrement intéressante pour la réflexion féministe, car elle souligne le lien entre sexisme et hétérocentrisme (la domination masculine passe par la norme hétérocentriste). Elle prouve que la réflexion lesbienne au sein du mouvement féministe ne peut qu'enrichir ledit mouvement (chose qui ne s'est pas imposée immédiatement, en raison des litiges entre hétérosexuelles et lesbiennes au sein du mouvement féministe. cf cette vidéo qui y fait allusion).




Le lesbianisme ouvre sur une autre dimension de l'humain (dans la mesure où sa définition ne se fonde pas sur la "différence" des sexes).

Et donc remet en question le concept même de "différence des sexes" dans la société.


Et sinon, en dehors de La pensée straight... qui était Monique Wittig ? L'article de Wikipédia qui lui est consacré m'a l'air fiable si on veut en savoir un peu plus sur "sa vie son oeuvre"...




Ce modeste article ne saurait donner une idée suffisamment précise de ce qu'est La pensée straight. Il s'agit d'un essai plutôt court et pas excessivement difficile à lire (disons qu'il y a sans doute plus dur... :d). Ma conclusion sera donc : lisez ce livre, c'est un ordre. ;)

(Attention néanmoins, il ne se déniche pas aussi facilement qu'un best-seller à la mode. Mais il vient d'être réédité, donc la "rupture de stock" ne saurait être qu'un faux prétexte inventé par un libraire assoiffé d'argent ne désirant pas se fatiguer à commander un livre peu lucratif...).
# Posté le jeudi 23 août 2007 19:54
Modifié le dimanche 17 août 2008 09:20

Collabos

Le sexisme n'est pas une question de sexe, le féminisme non plus : il y a des hommes et des femmes sexistes, des hommes et des femmes féministes. Etre féministe, c'est lutter contre l'idéologie sexiste et non contre les hommes. Affirmation évidente pour les féministes, que contestent encore ceux et celles qui entretiennent les clichés habituels de la féministe harpie haineuse et mal baisée, qui traque le mâle, un arrache-couilles accroché à la ceinture.

Car oui, des femmes sexistes, il y en a ! Eliette Abécassis est un cas parmi d'autres. Qu'est-ce que certaines femmes peuvent m'énerver, parfois. Ces femmes qui disent "ouais, l'égalité d'accord, mais moi j'aime la galanterie et me sentir protégée dans les bras forts et puissants et trop virils de mon chéri" (je caricature à peine). Ces femmes qui traitent de salopes celles qui portent des minijupes ou des shorts trop courts à leur goût. Ces femmes qui trouvent normal que leur petit ami/conjoint/mari (barrer les mentions inutiles) leur dise ce qu'elles ont le droit de porter ou de ne pas porter dans telle ou telle circonstance, ou les empêche de discuter avec d'autres hommes. Ces femmes qui disent qu'une femme sans enfants n'est pas une vraie fââââââmme. Ces femmes qui crachent sur celles qui ne rentrent pas dans le moule de la "féminité". Ces femmes qui entretiennent les clichés sexistes ("la petite est déjà coquette, une vraie fille, hi hi hi", "raah, c'est un vrai petit mec mon fils hein"). Ces femmes naïves qui s'extasient sur leur nouveau mec comme si c'était une perle rare, alors qu'il est tout simplement normal : "Raaaaaahhh, il est formidaaaable, il m'aide à faire les tâches ménagères !" (Non, chérie, il ne t'aide pas, il fait ce dont il est autant responsable que toi, c'est normal. Tu ne veux pas lui décerner une médaille, tant que tu y es ?). Ces femmes qui veulent que les hommes paient systématiquement pour elles au restaurant. Ces femmes qui disent que les féministes sont trop connes, tant l'idée de déplaire aux hommes les terrifie. Ces femmes qui marmonnent que Ségolène Royal ferait mieux de s'occuper de ses gosses au lieu de dire des conneries. Ces femmes qui n'aiment pas les filles vulgaires, parce que, n'est-ce pas, quand c'est une fille c'est pire... Ces femmes qui trouvent trop beau de prendre le nom de leur futur mari, qui disent "bientôt je serai madame" avec un sourire extatique. Ces femmes qui tirent dans les pattes des "mamans indignes" qui (ciel !) ne passent pas suffisamment de temps à leur goût avec leurs enfants. Ces femmes prêtes à tout sacrifier pour un homme sans rien attendre en retour, soi-disant au nom de l'amour. Ces femmes qui geignent niaisement "ah moi je suis contre l'avortement, le pauvre petit embryon il a rien fait, c'est un crime". Ces femmes qui ne se sentent vraiment femmes qu'une fois qu'elles ont procréé. Ces femmes qui disent "moi j'ai trop l'instinct maternel" en couvant le premier gosse venu des yeux (certaines seraient sans doute limite fières de se désigner comme des femelles et d'appeler leur seins "mamelles"... Aimer les enfants est une chose, justifier cela avec le pseudo-argument d'un prétendu instinct en est une autre !). Ces femmes qui veulent que les hommes soient virils, "des hommes, des vrais", et surtout pas qu'ils pleurent ou cessent de jouer les super-héros avec elles (qui va faire office de garde du corps pour ces pauvres chéries, sinon ?). Ces femmes qui arrachent l'éponge à leur petit ami en lançant "Laisse, je vais le faire" (à croire qu'elles se sentent coupables de ne pas avoir réagi avant !). Ces femmes qui ont vaguement honte d'être avec un homme plus petit, plus jeune ou moins payé qu'elles. Ces femmes qui disent qu'une femme ne peut pas jouir sans homme. Ces femmes qui bousculent presque des hommes tant elles sont habituées à leur passer devant. Ces femmes qui se maquillent et s'épilent non par choix, mais parce que la simple idée de sortir sans être maquillées et épilées leur donne des sueurs froides. Ces femmes qui disent "Nous on est supérieures aux hommes puisqu'on peut être enceintes, et on est plus pacifiques et plus intelligentes, la femme est l'avenir de l'homme, na na nère". Ces femmes qui font des blagues sur les blondes et disent du mal de Paris Hilton parce qu'elle est blonde. Ces femmes qui appellent un homme dès qu'il s'agit de changer une ampoule. Ces femmes masochistes (franchement je ne vois pas d'autre explication ?!) qui sont prêtes à passer à la télé pour tresser des lauriers à Alain Soral et affirmer benoîtement que les hommes sont supérieurs aux femmes (ça me fait songer à ces images du Moyen âge où on voit des croyants se donner des coups de fouet à eux-mêmes dans le dos pour faire plaisir à Dieu. "Oui, oui, les hommes sont supérieurs aux femmes", et hop, un petit coup de fouet jouissif par derrière. Trop excitant). Ces femmes qui se musèlent, qui se contraignent, qui s'auto-censurent. Ces collabos.
# Posté le samedi 18 août 2007 21:06
Modifié le samedi 16 février 2008 15:42