Travaux

Oyé, oyé, braves gens

J'ai mis provisoirement les articles hors ligne, mais ils seront remis ensuite.

A bientôt !

# Posté le dimanche 18 novembre 2007 12:55

Une vraie femme ?

Une vraie femme ?
C'est une question qui revient encore sur les forums, les sites Internet ou dans la bouche de certaines personnes : mais enfin, c'est quoi une vraie fâââââmme ? Qu'on puisse encore poser ce type de questions (et qu'on puisse même tenter d'y répondre !) me laisse rêveuse. Une vraie femme ? Mais où sont les fausses femmes ? De la même manière, on entend parfois des gens faire allusion à "un homme, un vrai" avec nostalgie (sous-entendu : les hommes d'aujourd'hui ne sont plus de "vrais" hommes, la virilité est foutue, c'est la fin du monde, etc...).

A ce genre de questions peuvent correspondre les réponses les plus affligeantes qu'on puisse imaginer, par exemple : "une vraie femme c'est une femme qui a accouché". Et sinon, une femme qui n'a pas accouché, elle est quoi ? Une fille attardée ? Un homme ? Un membre d'un troisième sexe ?

Alors, c'est quoi, une "vraie femme" ? Une femme atteinte du syndrome de Turner (n'ayant qu'un chromosome X) en est-elle une ? Une femme aux seins plats ou ôtés suite à un cancer en est-elle une ? Un homme castré, voire ayant perdu son pénis, est-il "un homme un vrai ?" (tiens, une petite citation récente, entendue en cours de littérature latine : Néron a rendu Untel eunuque, il lui a retiré sa virilité). De quel sexe est une personne transexuelle ? Et est-ce tellement important ?

Sur la photo : Marie-Pier Ysser, dite Bambi, célèbre transexuelle.

# Posté le lundi 22 octobre 2007 16:34

Modifié le lundi 04 janvier 2010 19:45

Rugby

"Sexy rugby ?"

Y a toujours quelqu'un pour se réjouir que des femmes contribuent à l'extase générale pour un groupe d'hommes (enfin, générale... Entre ce que disent les médias et la réalité, hein... Parce que qu'est-ce que cela m'indiffère, ces matchs, moi...).

Moi je me réjouirai quand on fera autant d'histoires pour les équipes féminines de rugby que pour les masculines. Na.

Et s'il n'y avait que le rugby...
Rugby

# Posté le samedi 20 octobre 2007 19:00

Modifié le lundi 04 janvier 2010 19:46

Les femmes et la musique classique.

Les femmes et la musique classique.
On montre souvent du doigt, et non sans raison, le sexisme de certains rappeurs. Il serait cependant réducteur d'en conclure que le sexisme n'existe nul part ailleurs dans le monde musical. Le sexisme est présent également du côté des musiciens classiques, si irréprochables en apparence avec leurs costards impeccables et leur musique assez peu connue, mais souvent vue par les néophytes ou les non adeptes comme un truc un peu compliqué d'intellos qui pensent. Qu'on ne se méprenne pas, question sexisme, un chef d'orchestre peut n'avoir rien à envier à Diam's.
"La place d'une femme est dans la cuisine, pas dans un orchestre symphonique". Il me semble que j'avais lu cette citation du célèbre chef d'orchestre Karajan en feuilletant ce livre qui a l'air très intéressant. Cela n'a cependant pas empêché ledit Karajan d'enregistrer des disques et de faire des concerts avec de grandes chanteuses classiques (à moins de n'engager que des contre-ténors, on peut difficilement se débarrasser des femmes pour chanter les parties de soprano ou d'alto).

Je cite l'article "Clarinette" du livre Pour en finir avec la domination masculine de Ilana Löwy et Catherine Marry :

Après des années de résistance farouche ou plus sournoise à leur entrée dans l'orchestre, les femmes représentent aujourd'hui un tiers des instrumentistes des 29 orchestres symphoniques permanents français. Mais leur présence varie selon les instruments. Elles se fondent parmi les tuttistes des pupitres de violon, d'alto, de violoncelle ; on distingue parfois leur solo de flûte ou de hautbois. Et la harpe (quand harpe il y a) est de longue date leur instrument réservé : même l'orchestre le plus misogyne du monde, le Philarmonique de Vienne, compte dans ses rangs une harpiste, qu'il a été contraint de titulariser en 1997 après vingt ans d'exercice, faute de candidat masculin. Contrebasses, bassons et les différents cuivres (trompettes, trombones, tubas, cors, saxos ou le gros hélicon) restent en revanche, sauf exception, aux mains et dans la bouche des hommes.
(...)
[A propos du chef d'orchestre] L'autorité d'une femme sur un grand nombre d'hommes reste un butoir de la domination masculine. Les rares femmes dans cette fonction ont emprunté des voies détournées - celles de chefs de choeur - et sont conduites à adopter des stratégies de neutralisation de leur féminité ou de féminité mascarade, en renonçant aux décharges caractérielles et en jouant sur les qualités "féminines" attendues d'elles (écoute, empathie...). Elles n'y parviennent pas toujours : à l'aube du XXIème siècle, Julia Jones, une chef américaine, a démissionné de l'orchestre de Bâle à cause de l'hostilité des musiciens.

Elles donnent deux raisons principales aux clichés sexistes : savoir jouer des instruments les plus féminisés (violon, flûte, harpe) faisait partie de l'éducation traditionnelle bourgeoise données aux filles (sans oublier le piano et le chant), et les imaginaires sociaux "mettent en scène le corps-à corps avec l'instrument et lui donnent un genre" (...). Les filles ont été écartées de la pratique d'instruments jugés comme ne convenant pas à leur sexe car trop lourds, trop graves, trop difficiles à jouer ou entraînant des postures disgracieuses et impudiques".

Je me souviens d'une discussion récente à ce sujet avec le professeur d'analyse de mon école de musique, et sa remarque ironique : "On imagine souvent une belle femme en décolleté, jouant gracieusement de la harpe"... Que voulez-vous, même en jouant d'un instrument, une femme se doit de rester séduisante, voyons...

Sur les compositrices

Sur la photo : Emmanuelle Haïm, chef du Concert d'Astrée.

# Posté le samedi 20 octobre 2007 15:10

Modifié le dimanche 02 décembre 2007 17:37

Un nouveau livre sur Beauvoir

Un nouveau livre sur Beauvoir
Je me suis jetée dessus dans la librairie, mais je ne l'ai pas encore lu (mais cela ne saurait tarder !) ... Je me contente donc de faire un petit copier-coller de la présentation de l'éditeur :

En janvier 2008, Simone de Beauvoir aurait eu cent ans. La philosophe engagée, la romancière, la mémorialiste fait figure d'enfant surdouée d'un siècle mouvementé, dont elle a marqué la deuxième moitié d'une profonde empreinte. Le Deuxième sexe, paru en 1949, fut le bréviaire féministe de deux générations ; dans Les Mandarins se sont retrouvés les intellectuels nés entre 1900 et 1920 ; Les Mémoires d'une jeune fille rangée, suivies de La Force de l'âge, composent un portrait de femme où beaucoup se sont reconnues, ou rêvées. Mais Simone de Beauvoir, qui s'était faite avec son compagnon Sartre l'apôtre de la transparence, a-t-elle toujours dit toute la vérité sur elle même ? Comment son oeuvre fut-elle reçue ? Quelle image laisse t-elle d'elle même, près de douze ans après sa mort ? La controverse demeure ouverte. Au moins faut-il la nourrir d'arguments fondés et vérifiés. Ingrid Galster, qui a consacré l'essentiel de ses travaux aux personnes et à l'univers sartrobeauvoirien, apporte en vingt chapitres qui sont autant de petits essais des éléments essentiels, parfois peu connus, sur l'itinéraire de Simone de Beauvoir, depuis ses années d'étudiante, sur lesquelles elle a recueilli des témoignages directs, jusqu'à sa destinée posthume, en passant par RadioVichy, où Beauvoir fut active, et par le féminisme dont elle fut la figure de proue. Il en ressort une femme d'envergure rendue à sa vérité, ne méritant ni l'hagiographie ni le dénigrement, possédant comme toute personnalité sa part de rayons et d'ombres.

J'ai feuilleté le livre, une partie non négligeable semble consacrée au féminisme. L'ensemble du livre doit permettre d'en découvrir plus sur celle qui fut l'une des plus célèbres féministes du XXème siècle.

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J'ai enfin lu ce livre. Il est composé de différents articles de la chercheuse, parus dans diverses revues. A l'exception de l'article "Le couple modèle ?" paru dans un hors-série de L'Histoire consacré à Sartre, je ne connaissais pas ces articles. On y trouve des informations et documents propres à retenir l'attention des personnes s'intéressant à Beauvoir (des témoignages de deux de ses élèves de philosophie, la lettre de la femme qui porta plainte contre elle pour détournement de mineure, des informations sur le travail effectué par Beauvoir pour Radio Vichy...).
Ingrid Galster critique les personnes cherchant à défendre l'idée selon laquelle Beauvoir aurait été une philosophe plus importante que Sartre, mais sous-estimée en tant que femme. Il est clair que ne voir qu'en Beauvoir une "disciple de Sartre" est très réducteur. Mais - c'est le point de vue défendu par Galster - il est tout aussi néfaste de chercher à "réhabiliter" Beauvoir malgré elle : tous deux avaient des qualités différentes (c'est ce que disait Beauvoir elle-même).
Galster cherche de toute évidence, en citant de nombreuses sources précises, à se présenter comme une chercheuse sur Beauvoir fiable, par opposition à d'autres auteurs dont elle critique les propos ou écrits abondant en inexactitudes ou erreurs (elle vise particulièrement Deirdre Bair, auteure d'une biographie de Beauvoir dont elle relève les erreurs). Elle affirme aussi vouloir, sans tomber dans l'idôlatrie, défendre Beauvoir contre les critiques actuelles. Elle défend en particulier Le Deuxième sexe contre les critiques de féministes comme Julia Kristeva, Hélène Cixous ou Luce Irigaray, à tort vues aux Etats-Unis comme représentantes d'un "French feminism" alors que leur point de vue serait minoritaire au sein du féminisme français. Ne connaissant ces féministes que de nom, je ne peux me fier qu'à ce qu'en dit Galster. Je la cite : Pour Beauvoir, c'était les hommes qui incarnaient la transcendance parce qu'ils ont soumis la nature. Or, le postmodernisme conteste cette domination de la nature, l'idée de progrès a été mise en cause. C'est pourquoi l'attitude qui pour Beauvoir représentait l'idéal - la transcendance - aujourd'hui, à partir d'une certaine optique, c'est ce qui a mis le monde en péril. Et les femmes, du coup, ont le beau rôle parce qu'elles n'ont pas eu accès à la transcendance... (...) Les nouvelles féministes [toujours Kristeva, Cixous et Irigaray] disent : il ne faut pas faire comme les hommes, parce que sinon on reproduit toutes les erreurs du progrès, de la destruction de la nature, etc... (...) Elles disent : les hommes, les "mâles", ont fait passer pour universel ce qui n'était qu'eux (...). Luce Irigaray veut, par exemple, qu'on redécouvre la vraie place de la femme qui, dans l'histoire, a été couverte, selon elle, par les hommes. C'est-à-dire il ne faut pas accepter la femme en tant qu'Autre de l'homme, telle qu'on l'a connue pendant des siècles, mais gratter sous les couches... [Pour trouver] une féminité qui est liée à d'autres valeurs que celles des hommes. Et à quoi serait liée cette prétendue féminité spécifique aux femmes ? A la maternité qui rendrait les femmes différentes des hommes par nature... Si les idées défendues par Kristeva, Cixous et Irigaray sont telles que les présente Galster, on comprend qu'elle les critique et défende Beauvoir contre elles !
Ingrid Galster émet aussi des théories intéressantes sur l'influence du Deuxième sexe sur le féminisme américain, et sur la manière dont féminisme américain et féminisme français se sont mutuellement influencés après la publication de cet essai. Elle consacre aussi un article à la manière dont Le Deuxième sexe a été commenté par la presse en 1949 (elle s'intéresse également aux articles publiés suite à la mort de Beauvoir et suite à la publication posthume de ses lettres à Sartre et de son journal intime).
Le livre s'achève avec des comptes-rendus de colloques consacrés à Beauvoir, dans lesquels Galster se montre parfois assez ironique vis-à-vis de certaines communications, notamment celle du très médiatique, mais pas très renseigné, semble-t-il, BH Levy.

Bref, ce livre s'adresse surtout à des lecteurs et lectrices connaissant déjà bien Beauvoir, et étant désireux -ses de lire des écrits consacrés à certaines questions polémiques (la relation entre Sartre et Beauvoir, leur attitude pendant l'Occupation, leur importance respective a posteriori, la personnalité même de Beauvoir, etc...), et bien sûr au féminisme.

PS : Ingrid Galster fait parfois allusion au livre "Simone de Beauvoir : le Deuxième sexe le Livre fondateur du féminisme moderne", mais n'évoque jamais les accusations de Marie-Victoire Louis et de Marie-Jo Bonnet.

# Posté le vendredi 21 septembre 2007 17:03

Modifié le samedi 08 décembre 2007 18:28