Quand c'est un garçon, la future maman est contente, car elle prévoit souvent d'avoir une fille, après. Un garçon d'abord, une fille après, "Comme ça il pourra surveiller sa petite soeur, c'est trop mignon !".
Enfin, la naissance, les faire-parts triomphants, roses ou bleus. Bébé grandit. La petite fille veut faire comme maman, "Elle est déjà coquette, elle fait des caprices, c'est déjà une vraie fille, hi hi hi !". Même extase devant la virilité naissante du garçon : "Ah, c'est bien un petit mec, ça !". Bien entendu, la petite aura les oreilles percées, "C'est tellement joli ! Tu veux, ma chérie ? Mais non, ça ne fait pas mal, maman sera avec toi !" Le petit garçon devra bientôt aller chez le coiffeur, car c'est vrai qu'il a de jolies boucles, mais faut pas pousser quand même. Bientôt l'école, les activités extra-scolaires : danse classique pour la petite, foot ou judo pour le petit. Il paraît que le petit est bien agité à l'école, mais c'est normal, c'est un garçon. Bien sûr les jouets adéquats : "Mais laisse la poupée de ta soeur, mon chéri, c'est un jouet de fille !". De temps en temps repas au Mac Do quand maman en a marre de faire la cuisine : "Et ce Happy Meal, c'est pour une fille ou un garçon ?" demande une étudiante à l'air las derrière la caisse. Quand on parle aux parents de conditionnement social, ils débusquent la vilaine idéologie et protestent : "Moi je pense qu'il faut laisser faire la nature". Oui, c'est bien connu, c'est la nature qui met des poupées et des aspirateurs en plastique dans les chambres des filles, et des petites voitures et des pistolets chez les garçons. Ce père Noël, alors, quel farceur !
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